Le parti basque Abertzaleen Batasuna du Pays Basque nord ralliera la liste du Comité "Europe Solidaire - Europe Ecologie" représentée dans le Sud-Ouest par José Bové : une première démonstration de cette volonté d’AB de refonder des schémas politiques considérés comme "dépassés". Abertzaleen Batasuna Baiona
Les porte-paroles d’Abertzaleen Batasuna en conférence de presse à Bayonne. Photo : EITB
Les élections européennes du 7 juin prochain verront les membres du parti patriote basque Abertzaleen Batasuna (AB), du Pays Basque nord, unir leurs forces à la liste menée au niveau européen par Daniel Cohn-Bendit et, pour le Sud-Ouest, par le leader altermondialiste José Bové.
Un ralliement qui aura dégagé une majorité de voix consentantes lors de l’assemblée générale de la formation politique du Pays Basque nord : un responsable abertzale, non désigné pour l’instant, pourrait ainsi se voir désigné en 3ème ou 4ème position sur cette liste.
Pour ses porte-paroles, le ralliement de AB au Député Vert européen Gérard Onesta, lors des dernières élections de 2005, avait déjà porté ses fruits : des axes communs de combat contre les mandats d’arrêts européens pour les militants basques ou la sensibilité à une économie plus responsable auront été entendus à Strasbourg par ce biais.
Un soutien appuyé à l’action de José Bové
En choisisant de se mettre en marche derrière José Bové, les dirigeants d’AB valident un nombre important de préoccupations communes : la critique d’un système capitaliste "fou et destructeur", d’une politique de "moralisation" des logiques financières par les tenants de la croissance à tout prix, ou encore l’injustice sociale.
Les actions prioritaires qui seront défendues en commun porteront sur la recherche d’engagements de l’Europe dans un vaste plan d’économies d’énergie et de production d’énergies renouvelables, la reconnaissance et le soutien à apporter à d’autres formes d’économie solidaire, ainsi que de négociations visant à renforcer la biodiversité contre toutes les tentatives de brevetage du vivant.
Pour AB, la présence de José Bové lors du procès d’Euskal Herriko Laborantza Ganbara illustre s’il le faut toute critique possible de parachutage ou de ralliement par défaut.
Comme l’exprimait son porte-parole Andde Sainte-Marie, "il est temps de refonder politiquement les schémas de dialogue existants entre les citoyens".
Un ralliement hypothétique avec la liste indépendante de Batasuna n’aura pas été évoqué en conférence de presse et ne semble pas avoir non plus donné lieu à un grand tiraillement idéologique.
Le regret d’une "impasse" en Euskadi
S’exprimant sur le résultat très incertain des élections du week-end dernier dans la Communauté Autonome d’Euskadi, les membres d’AB auront exprimé l’amertume d’une "impasse poilitique" qui prive le mouvement abertzale d’une plus grande assurance sur son avenir.
Entre la victoire sans doute pas suffisante du PNV du Président sortant et le front PS/Parti Popular "Tout sauf le PNV" qui se profile, l’expression du peuple basque risque de se retrouver privée d’une réelle expression politique.
Pour Andde Sainte-Marie, "le potentiel de construction de la société basque est énorme mais le chemin à emprunter doit obligatoirement retrouver les ingrédients de l’accord de Lizarra-Garazi (liberté du peuple basque à choisir sa territorialité et trêve de la lutte armée de l’ETA)".
Le travail politique mené par le parti abertzale Aralar, opposé à toute forme de violence, est par ailleurs salué par AB et devrait donner lieu à un rapprochement de ces deux structures politiques dans un futur proche.

