Nous ne pouvons pas parler de politique et de culture occitanes sans penser à cette triste nouvelle : le départ de notre ami Robert Lafont. Nous savons tous ce que nous devons au penseur de l’occitanisme moderne qui n’a jamais séparé la recherche linguistique, historique, théorique et politique. Ecrivain, essayiste, sociolinguiste, cofondateur de l’IEO en 1945, enseignant d’occitan, il a œuvré pour un statut officiel d’enseignement de l’occitan. Sa critique du Félibrige s’est toujours inscrite dans une volonté de travail en commun, comme il saluait la dynamique pour la politique linguistique que l’IEO a su donner ces dernières années.
Il était membre du Partit Occitan puisqu’il ne voyait pas d’autre formation inscrite dans la recherche et l’avancée d’idée pour la société occitane, mais sans complaisance pour les propositions que nous étions prêts à faire. Il nous accompagnait dans la réflexion et l’action civique et politique occitane, toujours ouvert aux idées nouvelles, disponible dans la discussion, pour échanger et surtout pour dire les choses en toute clarté. Les deux dernières années l’avaient éloigné de la vie publique et le dernier message qu’il nous adressa, ce fut pour son ami Guy Martin qui le précéda pour le grand voyage.
Pour les générations occitanes futures, Robert Lafont est une pensée et une vie qui montrent, avec d’autres, le chemin de la libération du peuple occitan, loin d’être achevée. Nous sommes tenus de poursuivre cette quête, cette réappropriation de notre histoire, de notre « culture d’Oc » au sens large, contre les conformismes de la société occitane d’aujourd’hui. Non, Robert est toujours avec nous !
A sa compagne Fausta, à sa famille, à tous ceux qui l’ont connu et qui l’ont aimé, nous disons notre amitié.
Guilhem Latrubesse, porte parole du Partit Occitan

